Un adoucisseur ne filtre pas et ne détruit rien. Il échange : il remplace les minéraux qui entartrent par un minéral qui n’entartre pas. Comprendre cela suffit à comprendre ses avantages comme ses limites.
Les deux réservoirs
Un adoucisseur comporte une bouteille contenant la résine, où circule l’eau à traiter, et un bac à saumure contenant une solution de sel.
Le premier fait le travail au quotidien. Le second sert uniquement à remettre la résine en état, à intervalles réguliers.
L’échange d’ions
L’eau dure est chargée en calcium et en magnésium, sous forme d’ions dissous. En traversant la bouteille, elle rencontre des milliers de billes de résine dont la surface porte des ions sodium.
La résine capte les ions calcium et magnésium et libère en échange des ions sodium. L’eau qui ressort contient donc autant d’ions qu’avant, mais des ions qui ne forment pas de tartre.
L’échange se fait à la surface de chaque bille. C’est pour cela que la surface totale de la résine, et donc l’état des billes, détermine la capacité de l’appareil.
La régénération
La résine se sature : au bout d’un certain volume d’eau traité, toutes les places disponibles sont occupées par du calcium et du magnésium. Elle cesse alors d’adoucir.
C’est là qu’intervient la saumure. L’appareil fait passer une solution très concentrée en sel sur la résine, ce qui inverse l’échange : le calcium et le magnésium sont chassés vers l’égout, le sodium reprend sa place.
Ce cycle explique deux caractéristiques de l’appareil : sa consommation de sel, et le rejet d’eau salée à chaque régénération.
Ce que l’appareil modifie réellement
L’adoucisseur agit sur la dureté, pas sur la qualité sanitaire de l’eau. Il ne retire ni nitrates, ni pesticides, ni métaux, ni résidus médicamenteux. Pour cela, il faut un autre appareil, un purificateur ou un osmoseur, posé au point d’usage.
Il modifie aussi la composition de l’eau : l’eau adoucie contient plus de sodium qu’avant traitement. C’est la raison pour laquelle l’eau entièrement adoucie n’est pas destinée à la boisson, et pourquoi la réglementation impose de conserver une dureté résiduelle sur l’eau de consommation.
Ce qu’il faut prévoir pour qu’il fonctionne
- une alimentation en eau, à l’arrivée générale du logement
- une alimentation électrique pour la vanne de commande
- une évacuation pour les eaux de régénération
- un réapprovisionnement régulier en sel
- un réglage adapté à la dureté locale et à la consommation du foyer
Le réglage est le point le plus souvent négligé. Un appareil correctement dimensionné mais mal réglé régénère trop souvent, consomme du sel pour rien et use sa résine plus vite.
L’installation
Le raccordement se fait sur l’arrivée générale, en amont de la distribution, avec un by-pass qui permet d’isoler l’appareil sans couper l’eau.
Une installation mal faite peut provoquer de la corrosion sur les canalisations, ce qui coûte bien plus cher que la pose. Faites établir plusieurs devis auprès de professionnels du traitement de l’eau, en leur communiquant la dureté de votre commune et le nombre d’occupants du logement.
