La température de consigne dans la pièce n’est pas ce qui pilote une pompe à chaleur. Ce qui la pilote, c’est la température de l’eau qu’elle produit, et c’est là que se jouent le confort et la consommation.
Basse température : 35 à 45 °C
C’est le régime le plus efficace. L’écart entre l’eau produite et l’air extérieur reste faible, donc le travail du compresseur aussi.
Il suppose des émetteurs adaptés : plancher chauffant ou radiateurs basse température. Le plancher chauffant est le meilleur partenaire d’une pompe à chaleur, parce que sa grande surface d’échange compense la faible température de l’eau et répartit la chaleur uniformément.
C’est la configuration à privilégier en construction neuve, où l’isolation permet de se contenter de ce régime.
Haute température : jusqu’à 65 °C
Elle produit une eau assez chaude pour alimenter des radiateurs classiques. C’est ce qui la rend pertinente en rénovation, dans une maison ancienne dont on ne veut pas remplacer les émetteurs.
Elle coûte plus cher à l’achat et consomme davantage, puisque l’écart de température à franchir est plus grand. Le calcul se fait au cas par cas : remplacer les radiateurs pour passer en basse température est parfois plus rentable sur dix ans.
La courbe de chauffe
C’est le réglage central. Elle fixe la température de départ de l’eau en fonction de la température extérieure : quand il fait plus froid dehors, l’appareil chauffe l’eau davantage.
Deux paramètres la définissent. La pente indique de combien la température de départ varie pour un degré extérieur en moins : une pente de 1,5 signifie 1,5 °C de plus quand il fait 1 °C de moins dehors. Le point de base, ou décalage parallèle, dépend de la qualité de l’isolation du bâtiment.
Les radiateurs demandent une pente plus raide que le plancher chauffant, puisqu’il leur faut une eau plus chaude pour restituer la même chaleur.
Régler la courbe, en pratique
L’installateur pose un préréglage à la mise en service. Il faut souvent l’ajuster ensuite à la maison réelle. Six règles suffisent :
- viser la courbe la plus plate possible, celle qui chauffe juste assez
- ne jamais modifier de plus de 10 % à la fois
- choisir une pièce de référence plutôt froide pour mesurer
- observer plusieurs jours avant de conclure, l’inertie thermique retarde tout
- faire les réglages un jour froid et peu ensoleillé
- distinguer les deux symptômes ci-dessous
S’il fait trop froid ou trop chaud en permanence, y compris en mi-saison, déplacez la courbe parallèlement vers le haut ou vers le bas. S’il ne fait trop froid que par grand froid, c’est la pente qu’il faut augmenter.
Ce que l’isolation impose
Une pompe à chaleur donne son plein rendement dans une maison bien isolée. Dans une maison qui l’est mal, il faut produire une eau plus chaude, donc consommer plus, pour atteindre la même température ambiante.
C’est la question à poser avant le choix de l’appareil, pas après. Un installateur sérieux commence par là, et son devis mentionne le régime de température retenu et le type d’émetteurs prévus. Faites-en établir plusieurs et comparez ces deux lignes autant que le prix.
