Le paysage des aides à la rénovation a beaucoup bougé, et beaucoup d’articles en ligne décrivent encore un dispositif qui n’existe plus. Voici ce qui est stable, et ce qu’il faut aller vérifier avant de signer un devis.
Ce qui a remplacé le crédit d’impôt
Le crédit d’impôt pour la transition énergétique, le CITE, fonctionnait comme une réduction accordée l’année suivant les travaux. Il a été supprimé et remplacé par une prime versée après les travaux, MaPrimeRénov.
La différence est pratique autant que fiscale. Avec l’ancien crédit d’impôt, il fallait attendre la déclaration de revenus suivante. Avec une prime, le dossier se prépare avant le chantier et le paiement intervient ensuite, selon les règles du parcours retenu. Une avance peut exister dans certaines situations, mais elle ne doit jamais être supposée dans le plan de financement.
Une entreprise qui vous parle aujourd’hui de crédit d’impôt pour vos travaux d’économie d’énergie décrit un dispositif supprimé. C’est un signal en soi.
Le même vaut pour les offres à un euro qui ont circulé sur l’isolation et les pompes à chaleur. Elles n’ont plus cours, et l’argument sert désormais d’accroche au démarchage.
Deux parcours à distinguer en 2026
Le dispositif distingue la rénovation par geste et la rénovation d’ampleur. Le premier parcours porte sur des travaux ciblés et reste soumis à des critères de revenus, de logement et d’équipement. Le second organise un ensemble de travaux produisant un gain énergétique mesuré, avec un accompagnement et un audit.
Une même famille de travaux peut être recevable dans un parcours et ne pas l’être dans un autre. Le type de pompe à chaleur, la performance de l’équipement et la situation du logement comptent autant que le mot « chauffage » inscrit sur le devis.
Attention à une confusion fréquente : l’installation d’une borne de recharge pour véhicule électrique relève d’un autre dispositif, pas de MaPrimeRénov.
Le logement doit répondre à des conditions d’ancienneté et d’occupation qui varient selon l’aide. Les propriétaires occupants, les bailleurs et les copropriétés ne déposent pas le même dossier.
La condition qui bloque le plus de dossiers : le RGE
L’entreprise qui réalise les travaux doit être qualifiée Reconnu Garant de l’Environnement pour la catégorie de travaux concernée. La qualification est encadrée par le décret n° 2014-812 du 16 juillet 2014.
Deux erreurs coûtent cher. La première consiste à vérifier que l’entreprise est RGE sans regarder pour quoi : la qualification est délivrée par domaine, et une société RGE en isolation ne l’est pas forcément en pompe à chaleur. La seconde consiste à se fier à un logo sur un site : demandez le certificat, avec sa date de validité, et vérifiez qu’il couvre la période du chantier.
Lorsque le dispositif exige le RGE, un devis émis par une entreprise non qualifiée dans le bon domaine peut rendre les travaux inéligibles. Comparez donc le reste à charge prévisionnel, après vérification de l’aide, et non le seul montant du devis.
Les ressources, et l’ordre des démarches
Le montant de l’aide dépend des revenus du foyer et de sa composition, selon des barèmes qui distinguent plusieurs tranches. Il varie aussi selon le type de travaux et le gain énergétique obtenu.
L’ordre compte autant que l’éligibilité. Faites établir les devis, ouvrez le dossier sur le service officiel, puis attendez la confirmation requise avant de commencer. Une exception éventuelle doit apparaître dans votre dossier, pas dans la promesse orale d’un vendeur.
Où vérifier avant de vous engager
Les montants, les plafonds et les tranches de revenus sont révisés régulièrement, parfois d’une année sur l’autre. Aucun chiffre lu sur un site tiers, y compris celui-ci, ne doit servir de base à une décision.
Le service public France Rénov’ renseigne sur les aides en vigueur et oriente vers le parcours adapté. À compter du 17 août 2026, le compte France Rénov’ devient le point d’entrée des aides de l’Anah. Les aides peuvent se combiner avec d’autres dispositifs dans certaines limites ; le solde se finance au besoin par un prêt travaux.