Le raisonnement est tentant : si l’effet recherché est la dissuasion, pourquoi payer une vraie caméra ? La réponse tient en une phrase : parce que la dissuasion ne fonctionne que sur une partie des intrus, et jamais après coup.
Ce qu’est une caméra factice
Un boîtier qui ressemble à une caméra en service, visible depuis l’extérieur, souvent accompagné d’un autocollant signalant que les lieux sont sous surveillance.
Il en existe des modèles d’intérieur et d’extérieur, ces derniers conçus pour résister aux intempéries. Trois formes dominent : la caméra fixe, la caméra pivotante qui suggère une couverture plus large, et le dôme qui laisse imaginer une vision à 360 degrés.
Beaucoup sont équipées d’une LED clignotante qui simule l’activité de l’appareil.
Ce qu’elle apporte
Un effet dissuasif réel sur les intrusions opportunistes, pour un coût très inférieur à celui d’un équipement fonctionnel. C’est son unique avantage, et il n’est pas négligeable.
Son meilleur usage est le complément : sur une propriété déjà équipée de vraies caméras aux points stratégiques, quelques factices élargissent l’impression de couverture et renforcent l’effet d’un système d’alarme.
Ses limites
Elle n’enregistre rien. Après une intrusion, vous n’aurez aucune image à présenter à votre assurance ou aux forces de l’ordre, ce qui est précisément ce qui rend un système de vidéosurveillance utile.
L’effet dissuasif s’annule face à des intrus masqués, que la présence d’une caméra ne préoccupe pas. Et les cambrioleurs expérimentés reconnaissent les modèles factices les plus répandus.
Les signes qui trahissent une fausse
- un boîtier en plastique de mauvaise qualité, léger et mal fini
- une LED rouge clignotante en façade, que les vraies caméras n’affichent presque jamais ainsi
- un mouvement aléatoire, non déclenché par une présence
- l’absence de câble de transmission
Le mouvement est le piège le plus courant. Un intrus qui passe devant une caméra pivotante et constate qu’elle balaye au hasard sans réagir à lui vient d’obtenir sa réponse. Préférez donc un modèle fixe.
Comment en choisir une crédible
La qualité de l’imitation fait tout le prix, et toute l’efficacité. Certains fabricants utilisent des boîtiers de caméras réelles, ce qui rend la distinction impossible depuis le sol.
Vérifiez la présence d’un câble apparent, l’absence de LED trop voyante, et la solidité du boîtier. Et placez-la bien en vue : une caméra factice discrète ne remplit aucune fonction, puisque son seul rôle est d’être vue.
L’autocollant, souvent plus efficace
Un panneau ou un autocollant signalant que les lieux sont sous surveillance coûte quelques euros et produit une part importante de l’effet dissuasif. Il a un avantage sur la caméra factice : rien à démonter, rien à identifier, rien qui trahisse.
Il a aussi une limite symétrique. Signaler une surveillance qui n’existe pas ne vous donne aucun recours si l’intrusion a lieu, et un intrus qui ne trouve aucune caméra en déduit vite ce que vaut l’annonce.
Le bon arbitrage
Si votre budget ne permet qu’un seul équipement, mettez-le sur une vraie caméra à l’emplacement le plus sensible, plutôt que sur trois factices.
Si vous avez déjà un système en place, quelques factices en périphérie coûtent peu et complètent utilement le dispositif. Pour définir les emplacements réellement stratégiques, faites établir plusieurs devis auprès d’installateurs de vidéosurveillance.
